Le stress dans l’entreprise

 

Box RingOn appelle risques « psychosociaux » (R.P.S) les risques qui sont à l’interface de l’individu (le »psycho ») et de sa situation de travail.

A ce titre et dans le cadre de la gestion des risques psychosociaux, il est essentiel de dissocier les facteurs de tension qui sont liés à l’organisation du travail et ceux liés aux relations interindividuelles. Nous pourrions toutefois les regrouper en 4 grandes familles :

 

Facteurs de stress au travail

  • Les exigences du travail et son organisation 
    • Facteurs liés à la tâche ou au contenu même du travail à effectuer
    • Facteurs liés aux contraintes d’organisation
    • Facteurs liés à l’environnement physique et technique
  • Le management et les relations de travail
    • Interne à l’entreprise par la nature et qualité des relations avec les collègues, les supérieurs
    • Externe à l’entreprise via les relations avec les autres intervenants sur les projets.
  • La prise en compte des valeurs et attentes des salariés
    • Développement des compétences, équilibre entre vie professionnelle et vie privée, conflits d’éthique.
  • Les changements du travail
    • Conception des changements de tout ordre, nouvelles technologies…
    • Facteurs liés à l’évolution sociologique
    • Facteurs liés à l’environnement macro-économique de l’entreprise

Le stress n’est qu’une manifestation de ces facteurs de conflits même si dans le langage courant, le stress professionnel est envisagé comme un facteur de risque ou un effet néfaste sur la santé.

 

Les différentes formes de stress

Selon l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail : « un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».

Hypertension, nervosité, fatigue, dépression… L’état de stress n’est pas une maladie en soi.

  • Bon stress ? Mauvais stress ?

Selon des idées répandues, le bon stress permettrait aux salariés de donner le meilleur d’eux-mêmes, tandis que le mauvais stress rendrait malade. Il n’y a pourtant scientifiquement ni bon, ni mauvais stress, mais un phénomène d’adaptation du corps rendu nécessaire par l’environnement.

  • Différencier « stress aigu », et « stress chronique » 

Il faut en revanche différencier « stress aigu », et «stress chronique» qui ont des effets distincts sur la santé. On distingue donc les situations de stress ponctuels qui peuvent être plus ou moins aigus (ces situations sont relativement naturelles et font partie de l’équilibre humain). L’état de stress aigu correspond aux réactions de notre organisme quand nous faisons face à une menace ou un enjeu ponctuel (prise de parole en public, changement de poste, situation inattendue…). Quand la situation prend fin, les symptômes de stress s’arrêtent peu après.

En second lieu il y a les situations de stress chronique, lorsqu’elles sont durables. L’état de stress chronique est une réponse de notre corps à une situation de stress qui s’installe dans la durée : tous les jours au travail, nous avons l’impression que ce que l’on nous demande dans le cadre professionnel excède nos capacités. Le stress chronique entraîne toujours des effets délétères sur la santé des salariés et des dysfonctionnements dans l’entreprise.

  • Comprendre comment agissent les facteurs de stress :

Selon les situations de travail, les facteurs de stress peuvent se neutraliser ou, au contraire, se renforcer. Les études montrent que les facteurs de stress au travail sont plus néfastes pour la santé quand :

    • Ils s’inscrivent dans la durée
    • Ils sont subis
    • Ils sont nombreux
    • Ils sont incompatibles

 

Effets du stress au travail sur la santé

  • Symptômes dus à un état de stress chronique   :

Woman with laptop having stress.Symptômes physiques : douleurs (coliques, maux de tête, douleurs musculaires, articulaires, etc.), troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion, sueurs inhabituelles…

Symptômes émotionnels : sensibilité et nervosité accrues, irritabilité, crises de larmes ou de nerfs, anxiété, angoisse, excitation, insomnies, tristesse, sensation de mal-être, dépression, hypochondrie, syndrome d’épuisement professionnel, problèmes familiaux…

Symptômes intellectuels : perturbations de la concentration, problèmes d’apprentissage, de discernement, perte de mémoire (erreurs, oublis), difficultés à prendre des initiatives ou des décisions…

Ces symptômes ont des répercussions comportementales se concrétisant par des excès dans la consommation de produits calmants ou excitants (café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques…), avec aussi une modification des conduites alimentaires, comportements violents et agressifs, repli sur soi, difficultés à coopérer…

  • Pathologies associées au stress

Si la situation stressante se prolonge, les symptômes s’installent ou s’aggravent, entraînant des altérations de la santé qui peuvent, dans certains cas, devenir irréversibles.

Syndrome métabolique. Décrit comme un état considéré comme préfigurant plusieurs maladies graves. Peut associer obésité abdominale, résistance à l’insuline (qui peut évoluer vers un diabète), accident vasculaire cérébral (AVC) …

Hypertension artérielle et perturbations du métabolisme des lipides (cholestérol, triglycérides…).

Maladies cardiovasculaires. 

Troubles musculo-squelettiques (les TMS sont la première cause de maladie professionnelle)

Dépression, anxiété…

Des réactions physiologiques : ulcères gastroduodénaux, diminution de la résistance aux infections, maladies immuno-allergiques, désordres hormonaux ou certaines pathologies de la grossesse (prématurité), problèmes de fertilité…

Conséquences du stress au travail pour l’entreprise

  • Coût pour l’entreprise 
    • Une augmentation de l’absentéisme et non-respect des horaires
    • Un turnover plus élevé avec des difficultés pour remplacer le personnel ou recruter de nouveaux employés
    • Des accidents du travail
    • Une démotivation, une baisse de créativité
    • Une dégradation de la productivité, de la qualité
    • Une dégradation du climat social, une mauvaise ambiance de travail
    • Des atteintes à l’image de l’entreprise…

En raison de ces conséquences sur le fonctionnement, le stress coûte cher à l’entreprise. Plusieurs études montrent qu’il est « rentable » d’investir dans la prévention du stress au travail : les coûts des mesures de prévention collective sont amortis assez rapidement (de l’ordre d’une année).

  • Coût pour la société

Typhoon PodulAu niveau européen, le coût du stress d’origine professionnelle était estimé, en 2002, à environ 20 milliards d’euros par an. Le stress serait également à l’origine de 50 à 60 % de l’ensemble des journées de travail perdues (Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 1999).

En France, le coût social du stress (dépenses de soins, celles liées à l’absentéisme, aux cessations d’activité et aux décès prématurés) a été estimé en 2007 entre 2 et 3 milliards d’euros (étude INRS et Arts et Métiers Paris Tech).

Cette estimation ne prend pas en compte toute la dimension du coût pour l’individu, en particulier la souffrance et la perte de bien-être que le stress occasionne. Or il a été montré que ce dernier pouvait représenter jusqu’à 2 fois les coûts des soins et des pertes de richesse.

 

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